Elle apparait bien souvent au niveau de la douelle de bonde pour une raison simple : C’est la plus fragile et la plus exposée aux chocs. Il s’agit également de l’une des plus larges du fût.
Lors du cintrage (action d’arquer la douelle en la chauffant pour lui donner sa courbe), plus une douelle est large, plus la contrainte mécanique sera grande.
Les chauffes légères (on parle du bousinage cette fois-ci, la chauffe aromatique) libèrent et assouplissent moins les tensions des fibres du bois que les chauffes plus intenses. Elles sont par conséquent, davantage susceptibles d’entraîner l’apparition de fissures.
Lorsque le fût est façonné, il demeure en tension permanente car le bois cherche à retrouver sa forme initiale. Les cercles en acier permettent de maintenir sa forme.
En perçant la douelle de bonde, une faiblesse supplémentaire apparait. Les tensions des fibres du bois, concentrées initialement au centre de la douelle, se répartissent de part et d’autre du trou de bonde sur une section de bois devenue beaucoup plus faible. La douelle devient plus fragile, laissant apparaitre des « craquelures » de surface dans le temps.
Pour conserver l’intégrité des liquides, on peut tolérer des fissures ne dépassant pas la moitié de l’épaisseur de la douelle.
Cependant, pour ne pas aggraver le phénomène, l’enfoncement du bouchon de bonde doit être fait avec précaution sur des douelles fissurées.
Selon la bonde utilisée, le risque d’apparition ou d’aggravation de fissure est plus ou moins élevé.
Les bondes en bois, traditionnelles, sont généralement accompagnées d’un carré de tissu que l’on place entre la bonde et le trou de bonde et permet de faire joint. Elles sont enfoncées à l’aide d’un maillet pour créer l’étanchéité. Le risque d’aggravation est réel si les bondes sont fortement martelées.
Les bondes en silicone, plus souples, sont compressibles et créent une meilleure étanchéité que les bondes en bois. Elles sont généralement enfoncées à la main, mais certains châteaux continuent de les frapper à l’aide d’un maillet pour assurer l’étanchéité. Le risque d’aggravation est faible, même si les bondes sont fortement enfoncées.
Enfin les bondes expansibles, qui permettent par un système de vis d’augmenter le volume de la bonde une fois à l’intérieur du trou de bonde. L’étanchéité se fait de manière plus douce et sans chocs, et limite considérablement la consume. Le risque d’aggravation est nul.
La manutention de « roulage » sur bouge peut également être la cause de casses de douelles, notamment quand le fût poinçonne sur le bouchon de bonde.
Il s’agit d’un exemple parmi la multitude d’évènements qui peuvent se produire dans la vie d’un fût. D’autres traces d’usure comme l’oxydation des cercles ou les taches de vin dépendent d’autres facteurs.
Il est nécessaire de garder à l’esprit que ces petits défauts ne sont que d’ordre esthétique. L’aspect extérieur demeure important mais il ne représente pas l’argument majeur dans l’estimation du prix d’un fût.
Rappelons qu’une manipulation et une utilisation adaptée au produit prolongera l’intégrité de vos barriques et des vins et spiritueux.